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Efficacité énergétique : le Québec dort au gaz… de schiste!


Alors que le Québec vibre pour la controverse entourant les gaz de schiste, d’aucuns jugeront le jeu de mots facile et déjà vu... et avec raison. Mais ce titre accrocheur a évidemment un but : rappeler que pour les Québécois, de tous les défis existants, la priorité c’est l’efficacité énergétique! Car il est regrettable, alors que Montréal accueille le Congrès mondial de l’énergie, que les débats entourant les gaz de schiste éclipsent de la scène publique l’enjeu numéro un des Québécois, selon un récent sondage publié dans le Devoir cette semaine.

En effet, près de 70 % des Québécois pensent que la priorité des dix à vingt prochaines années devrait être l’économie d'énergie. Les Québécois sont donc pleinement conscients du rapport boulimique et malsain que le Québec entretient avec l’énergie, et ce, peu importe la couleur de la filière : bleue, noire, verte, ou tout ce qu’on peut imaginer de sale ou de propre.

De leur côté, les grands consommateurs, qu’ils soient institutions, commerces ou industries (qu’on qualifie dans le jargon d’ICI) affirment régulièrement et devant plusieurs tribunes, incluant la Régie de l’énergie, vouloir faire leur part d’économies d’énergie, mais que leurs investissements gagneraient à être soutenus par un financement adéquat.

Par ailleurs, le Québec vit dans une situation de dépendance totale au pétrole, dont on sait que le prix est condamné à monter en flèche et que sa consommation nuit à notre bilan carbone, ainsi que notre balance commerciale.

Si on ajoute à tout cela une stratégie énergétique 2006-2015 ambitieuse en matière de cibles d'économie d'énergie, doublée d'un plan de réduction des gaz à effet de serre (GES) non moins ambitieux, on obtient un cocktail plutôt explosif qui prend des allures de cul de sac avec la situation budgétaire actuelle du Québec.

Mais, en mélangeant toutes ces contraintes à la recherche de solutions, il est aussi possible d’en entrevoir une qui existe déjà dans d’autres économies. Une solution qui pourrait prendre la forme d’un fonds destiné à octroyer des prêts aux ICI pour stimuler les investissements en efficacité énergétique. Un fonds qui pourrait s’autofinancer grâce au remboursement des prêts consentis à même les économies d’énergie réalisées. Un fonds qui pourrait être administré par un bras financier du gouvernement, afin de concourir à l’atteinte d’objectifs concomitants comme la réduction des GES et la réduction de notre bilan de consommation. Enfin, un fonds qui permettrait à chaque « négawatt » économisé d’être valorisé ailleurs, que ce soit dans la création de richesse collective, avec son exportation par exemple, ou dans la conservation de notre patrimoine naturelle.

Dans un contexte de développement durable, le « négawatt » s’impose à nous comme un défi collectif qui devrait être embrassé avec enthousiasme par toute la société québécoise, car c’en est aussi un de productivité et d’efficience.