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Étude sur le développement énergétique du Québec

À l’automne 2008, le Réseau des ingénieurs du Québec confiait à la firme de consultants ÉcoRessources, spécialisés en environnement et énergie, le mandat de réaliser une importante étude sur le développement énergétique du Québec dans un contexte de développement durable. Après plusieurs mois de travaux encadrés par le comité de soutien des enjeux socio-économiques du RéseauIQ, l’étude est maintenant disponible.

Téléchargez le sommaire de l'étude.

Téléchargez l'étude complète.

L’étude dresse d’abord un portrait du secteur énergétique au Québec, à travers un bilan de la consommation et de la production d’énergie. On y apprend que :

  • La société québécoise doit trouver des pistes de solution afin que le développement des différentes filières énergétiques corresponde à ses besoins et soit en accord avec ses moyens, dans une perspective de développement durable. 
  • Les industries demeurent les plus grandes consommatrices d’énergie (40 %), suivies du secteur des transports (27 %), alors que les secteurs résidentiel, commercial et agricole se partagent le reste (33 %). En 2006, le total d’énergie finale consommée au Québec s’élevait à 1774 pétajoules (PJ). 
  • La croissance de la demande en énergie fera passer ce total à plus de 2000 PJ en 2016, selon les différentes estimations du gouvernement du Québec et du Canada. Cela signifie une augmentation des besoins de plus de 62 térawattheures (TW/h). Cette croissance est supérieure au rythme de la croissance économique appréhendée.

Elle pose ensuite les besoins et les cibles à atteindre afin de réduire la consommation et améliorer l’efficacité énergétique de nos activités : 

  • La consommation énergétique par habitant dépassait largement celle du Japon et des pays de l’Union européenne en 2002, pour atteindre 4,99 Tonnes équivalentes de pétrole (tep) par an. L’inefficacité énergétique prive le Québec de retombées économiques importantes, car l’électricité gaspillée pourrait générer des revenus d’exportation intéressants. 
  • La réduction de 0,5 tep par personne d’ici 5 ans et de 1 tep par personne d’ici 10 ans permettrait de faire des économies d’énergie de 88 TWh (basé sur une population de 7,6 millions d’habitants en 2006) et ainsi réduire la dépendance énergétique du Québec d’une proportion correspondant approximativement à deux centrales comme celle de La Grande-2. 
  • Lorsque l’on considère le seul horizon 2007-2010, à peine 9,8 % des cibles 2015 de réduction de la consommation énergétique fixées dans le plan d’action du gouvernement du Québec ont été atteintes. 
  • Le potentiel d’efficacité énergétique dans le secteur industriel est évalué à 30 % des volumes de produits pétroliers consommés, si les incitatifs permettent aux entreprises de ce secteur de réaliser toutes les initiatives dont la période de récupération sur l’investissement va jusqu’à 4 ans. 
  • Plus de 99 % de la consommation énergétique du secteur des transports provient de la combustion de carburants fossiles et plus de 99 % de ces combustibles sont importés. Si on ajoute le coût d’importation des voitures, cela représente un déficit de près de 20 milliards $ par an pour le Québec. À cause de cela, le secteur des transports contribue à plus de la moitié des émissions de GES provenant de la combustion énergétique au Québec. Il faut donc mettre de l’avant de nouvelles politiques pour favoriser l’usage du transport en commun et des transports actifs, tout en soutenant le développement et l’utilisation au Québec des véhicules hybrides et électriques.

L’étude souligne finalement, en particulier sous l’angle du génie, la nécessité d’augmenter et de diversifier la production d’énergie propre et renouvelable. 

  • La production d’énergie au Québec se limite principalement à la production d’électricité et au raffinage de produits pétroliers. De la capacité électrique installée en 2005, 92,2 % étaient fournis par l’hydroélectricité. Les centrales thermiques ont fourni 5,3 %, la centrale nucléaire 1,5 % et les installations éoliennes 0,9 %. 
  • Sur les bénéfices nets de 2,9 G$ d’Hydro-Québec en 2007, 733 M$ proviennent des ventes hors Québec. Les exportations nettes, qui ont résulté de sorties nettes des réservoirs de 10,7 TWh, ont représenté seulement 5,6 % du volume total des ventes d’électricité d'Hydro-Québec, mais 25 % du bénéfice net total. 
  • La production d’hydroélectricité a l’avantage de présenter un bilan d’émissions polluantes presque nul, bien qu’elle entraîne des transformations physiques importantes au territoire. 
  • Malgré les efforts nécessaires pour une meilleure efficacité énergétique, il est clair que la croissance de la demande interne et les objectifs économiques d’exportation exigent une plus grande production future d’électricité (surtout si l’on électrifie massivement les transports). Les projets actuels de développement hydroélectriques doivent donc être appuyés. 
  • La croissance de la filière éolienne au Québec est très rapide : une capacité éolienne de 3 500 MW est prévue pour 2017, ce qui représenterait environ 8 % de la capacité totale du Québec. Il faut cependant réussir, comme le dernier budget provincial en annonçait l’intention, à intégrer au réseau une capacité de production et de distribution encore plus grande. 
  • L’augmentation de la production d’énergie solaire passive et photovoltaïque, ainsi que la géothermie, est également souhaitable. Pour ce faire, le développement de la microproduction d’électricité peut procurer de nombreux avantages aux communautés du Québec : diversifier les sources d’énergie et favoriser la sécurité énergétique, soutenir le développement rural et augmenter les revenus par la revente d’électricité. 
  • Le marché des biocarburants au Québec offre finalement une opportunité intéressante notamment grâce à l’introduction des nouvelles exigences du gouvernement fédéral en matière de proportion de carburants renouvelables dans l’ensemble des carburants (5 % dans l’essence d’ici 2010 et 2 % dans le diesel d’ici 2012). Pour éviter d’accaparer une trop grande part de la production agricole, il faut cependant développer surtout les filières des biocarburants de 2e et 3e génération, comme l’éthanol cellulosique par exemple.

Au-delà de toutes ces propositions, l’étude interpelle les ingénieurs eux-mêmes. Par l’intermédiaire du RéseauIQ, ceux-ci doivent prendre part à la mise en œuvre des recommandations adoptées dans l’étude. C’est pourquoi nous organisons une importante tournée à travers plusieurs régions du Québec pour présenter l’étude aux membres et discuter avec eux des actions à mener pour soutenir la mise en œuvre des recommandations adoptées.



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