Le développement durable, une priorité des ingénieurs, même en période de crise financière
Dans le contexte économique actuel, volatil et incertain, l’attention des gestionnaires des entreprises risque d’être de plus en plus détournée vers des impératifs financiers et commerciaux. C’est particulièrement le cas des PME industrielles et manufacturières, déjà confrontées à de grands défis. Par conséquent, leurs actions visant l’accroissement de leur compétitivité et leur performance environnementale sont susceptibles d’être repoussées ou tomber dans l’oubli.
Cette situation pourrait ainsi compromettre les avancées des dernières années en matière de développement durable au sein des entreprises. Cette situation interpelle directement les ingénieurs québécois. Ils sont des acteurs privilégiés de ces changements puisqu’ils sont au cœur de la mise en œuvre des améliorations et de l’innovation dans les entreprises. En effet, bien que leur action soit moins médiatisée que celles des écologistes ou des économistes par exemple, les ingénieurs travaillent concrètement à l’amélioration de l’environnement au sein des entreprises.
Un enjeu aussi économique
Les enquêtes et l’expérience sur le terrain nous le démontrent : au Québec, les gens d’affaires sont de plus en plus nombreux à avoir compris que le développement durable est une bonne affaire, que c’est rentable et qu’en passant à l’action, ils y gagnent. Dans un rapport de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) publié en octobre 2007, plus de 80 % des PME déclarent avoir apporté des changements dans leur entreprise, afin d’améliorer leur performance énergétique et environnementale.
Au-delà de l’aspect environnemental de la question, il est essentiel que les petites et moyennes entreprises québécoises s’adaptent et progressent. L’adoption d’une approche « durable » devient une condition incontournable d’un véritable avantage compétitif qui contribuera à la création de valeur et de positionnement dans un environnement économique hautement concurrentiel et mondialisé. À plus forte raison, lorsque la crise sera passée.
Les enjeux sont immédiats et importants. Le besoin d’agir est évident. D’ailleurs, le Réseau des ingénieurs du Québec demande depuis plusieurs mois la mise sur pied d’une politique industrielle forte et cohérente pour le Québec, misant sur l’investissement, la productivité et l’innovation.
Face à cette conjoncture inquiétante, il est impératif que le gouvernement du Québec envoie un signal clair. En cette période d’incertitude, il apparaît crucial de susciter une prise de conscience et de soutenir activement les efforts des PME en mettant à profit la compétence et l’expérience du génie québécois. Et cela, par des actions simples, pragmatiques, efficaces et pouvant rapidement être mises en application.
Des mesures pour soutenir le développement durable dans les PME
Dans cet esprit, le Réseau des ingénieurs du Québec planche actuellement sur des propositions. Entre autres, elles concernent la mise sur pied d’un programme destiné aux PME, afin de soutenir des projets spécifiques d’évaluation et d’amélioration de leur performance en matière environnementale, la création d’un crédit d’impôt remboursable pour stimuler et encourager les mesures d’accroissement de la performance environnementale au sein des entreprises et le soutien à l’embauche de jeunes ingénieurs pour des stages dans les PME pour la réalisation de projets spécifiquement reliés à l’amélioration de la performance environnementale et l’application d’innovations technologiques.
Parce qu’il est fondamental pour notre avenir, l’enjeu du développement durable dans le tissu industriel québécois doit occuper une place nettement plus grande dans le débat public. C’est particulièrement le cas à l’occasion de la présente campagne électorale.
Ainsi, le 26 novembre prochain, le Réseau des ingénieurs du Québec organise un débat public avec les porte-parole en matière de développement durable des principaux partis politiques. Ce débat sera l’occasion d’échanger sur la compréhension des défis, sur les actions à prendre, sur les mesures actuellement proposées et sur les changements nécessaires, pour aller au-delà de la gestion du business-as-usual, particulièrement en situation de crise.
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